Vieillir avec un handicap : le projet GOLD publie ses recommandations politiques

Vieillir ne devrait jamais signifier perdre ses droits. C’est le message central des recommandations politiques publiées en septembre 2026 par le projet européen GOLD – Getting Older with a Disability, que coordonne l’AGFE.
Rédigées par notre partenaire AGE Platform Europe, ces recommandations s’adressent à l’Union européenne et aux États membres. Elles proposent six priorités pour mieux accompagner les personnes qui avancent en âge avec un handicap. Elles sont disponibles en français.
Vieillir avec un handicap : une réalité nouvelle
Les personnes en situation de handicap vivent aujourd’hui plus longtemps que jamais. C’est le fruit de progrès réels de la médecine, des politiques sociales et des droits humains.
Mais nos systèmes n’ont pas suivi. En Europe comme en France, le handicap et le vieillissement relèvent encore de politiques, de financements et de structures séparés. Or ces deux dimensions se croisent de plus en plus au fil de la vie.
Ce cloisonnement a des conséquences concrètes :
- des ruptures de parcours, notamment au passage de certains seuils d’âge ;
- des services fragmentés, qui peinent à suivre l’évolution des besoins ;
- un accès inégal aux soins, à l’accompagnement de long terme, au logement et à la protection sociale ;
- une pression croissante sur les familles et les aidants.
Pour les professionnels et les bénévoles, cela se traduit souvent par un manque de repères. Accompagner une personne handicapée vieillissante demande des compétences venues des deux secteurs, rarement réunies dans les formations.
GOLD, un projet européen coordonné par l’AGFE
GOLD – Getting Older with a Disability est un projet Erasmus+ de partenariat de coopération dans le champ de l’éducation des adultes (référence 2024-1-FR01-KA220-ADU-000244950). L’AGFE en assure la coordination générale.
Son objectif : développer une méthodologie et des outils pour renforcer les compétences des professionnels (niveaux EQF 4 à 6) et des bénévoles qui travaillent dans les secteurs du handicap et du vieillissement.
Le projet repose sur des valeurs fortes : inclusion sociale, autodétermination, dignité, respect, et qualité et continuité de l’accompagnement.
Il réunit des organisations de six pays européens et s’organise en cinq volets de travail :
|
Volet |
Contenu |
Pilote |
|---|---|---|
|
WP1 |
Coordination, gestion du projet, administration et finances |
AGFE |
|
WP2 |
Recueil d’expériences et de témoignages, identification des besoins en compétences |
UNESSA |
|
WP3 |
Formation en ligne de 5 modules pour les professionnels |
APROXIMAR |
|
WP4 |
Toolkit de ressources et d’outils pour adapter les services |
Chance B |
|
WP5 |
Communication, diffusion, durabilité et recommandations politiques |
ANS, avec AGE Platform Europe |
Les recommandations politiques s’inscrivent dans ce dernier volet. Elles s’appuient sur les recherches et les témoignages recueillis par les partenaires tout au long du projet.
Six priorités pour changer de regard
Le document s’intitule en anglais « Getting Older with Disabilities in Europe: Towards Inclusive, Rights-Based and Life-Course Policies ». Il défend une approche fondée sur les droits, centrée sur la personne et pensée tout au long de la vie. Ses six priorités :
- Adopter une approche « parcours de vie ». Anticiper les changements liés à l’âge dès le milieu de la vie adulte, et intégrer le vieillissement dans les politiques du handicap, la prévention et la promotion de la santé.
- Garantir la continuité des droits au-delà des seuils d’âge. L’accès aux services et aux aides doit dépendre des besoins de la personne, pas de son âge.
- Faire du « projet de vie » une norme. Permettre à chacun de définir ses aspirations, ses préférences et ses besoins d’accompagnement, dans un projet qui évolue avec lui.
- Décloisonner handicap, vieillissement et santé. Développer une gouvernance intégrée, des parcours de soins partagés et une coordination pluridisciplinaire.
- Investir dans les professionnels et reconnaître les aidants. Former, informer et soutenir les équipes, et offrir aux aidants informels un soutien émotionnel et des solutions de répit.
- Créer des environnements inclusifs. Logements et services accessibles, accompagnement de proximité souple, aides techniques accessibles et abordables.
Le document appelle aussi à soutenir une Convention des Nations unies sur les droits des personnes âgées qui reconnaisse explicitement le croisement entre vieillissement et handicap.
Pourquoi c’est important, ici aussi
Ces recommandations parlent directement aux acteurs de terrain, en France comme dans le Val-d’Oise.
- Pour les personnes concernées, elles rappellent un principe simple : avancer en âge ne doit pas réduire le droit de faire ses propres choix.
- Pour les professionnels et les bénévoles, elles reconnaissent le besoin de formation et de soutien face à des situations de plus en plus complexes.
- Pour les établissements et services, elles encouragent à penser l’accompagnement comme un parcours continu, sans rupture entre secteurs.
- Pour les familles et les aidants, elles demandent une reconnaissance réelle et des solutions de répit.
Elles constituent aussi un appel à l’action pour les décideurs publics, les organisations de la société civile et tous ceux qui œuvrent pour une société plus inclusive.
Et maintenant ?
Les recommandations politiques sont une étape. Le projet GOLD se poursuit avec deux résultats concrets destinés aux professionnels :
- une formation en ligne de cinq modules sur l’accompagnement des personnes vieillissantes en situation de handicap ;
- un toolkit réunissant ressources, guides, modèles et outils pratiques pour adapter les services.
Nous vous invitons à lire les recommandations et à les partager autour de vous.
- Télécharger les recommandations GOLD en français
- Présentation des recommandations sur le site du projet GOLD
- Article d’AGE Platform Europe
- Site du projet GOLD
Le projet GOLD est cofinancé par le programme Erasmus+ de l’Union européenne. Les points de vue et avis exprimés n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement ceux de l’Union européenne ou de l’autorité chargée de l’octroi. Ni l’Union européenne ni l’autorité chargée de l’octroi ne sauraient en être tenues pour responsables.![]()